Avec une létalité avoisinant les 25%, la souche Bundibugyo du virus Ebola se propage rapidement depuis la mi-mai 2026. Parti d’un foyer situé dans une région de l’Est du Pays, l’épidémie s’étend à présent aux régions du Nord et du Sud Kivu et touche une région où les femmes sont déjà en péril.
Les femmes plus exposées que les hommes au virus Ebola
Lors des précédentes épidémies, les femmes représentaient plus d’un cas déclaré sur deux. Cela s’explique par leur prise en charge des activités de soins : garde des enfants, soin apporté aux membres de la famille malade, participation aux rituels funéraires.
Ebola et les femmes enceintes, une 2ème crise invisible
Déjà vulnérables pendant la grossesse, la crise humanitaire renforcée par Ebola les prive des besoins primaires de la grossesse : eau potable, apport nutritif suffisant de l’alimentation, soins et espaces de repos. Dans les centres de soins surchargés, l’attente pour des toilettes, des médicaments ou des soins s’élève parfois à plusieurs heures. Pour les femmes approchant du terme, ces délais augmentent les risques pour leur santé, celle de leur enfant, et leur vulnérabilité face aux infections et virus.
Par crainte de contamination dans les centres de santé, de nombreuses femmes enceintes repoussent leurs rendez-vous médicaux pré-nataux, ou préfèrent accoucher à domicile. Leur éloignement des structures de santé met leur vie en péril : lors des précédentes épidémies d’Ebola, les femmes enceintes et les nouveaux nés ont compté parmi les premières victimes (2).
Déjà présent lors des précédentes épidémies Ebola qui ont touché le pays, CARE est mobilisé pour la prévention face à l’épidémie. Nos équipes sur le terrain déploient et soutiennent des campagnes de sensibilisation et forment des membres des communautés pour inciter la population à se faire tester et se rapprocher des centres de soins ou hôpitaux en cas de symptômes.
Ebola accable une région plongée dans une crise humanitaire grave
Menacée par l’épidémie, la population civile de l’est de la RDC traverse déjà une grave crise humanitaire. Depuis 30 ans, les régions du Sud-Kivu et du Nord-Kivu sont le terrain d’affrontement armés qui opposent des groupes soutenus par le Rwanda (notamment le groupe rebelle M23) et les forces armées congolaises. Bombardements, insécurité et enrôlement forcés menacent les civils. Les femmes et les filles sont particulièrement prises pour cibles : depuis le début du conflit, on compte 2 millions de victimes, et 1 million de femmes victimes de violences sexuelles (3).
6,47 millions de personnes
ont fui leur foyer en RDC
Ce climat d’insécurité est à l’origine de l’une des plus grande migrations internes au monde, et nourrit une profonde crise humanitaire.
Dans les camps de personnes déplacées, l’eau potable et la nourriture manquent, ainsi que les kits d’hygiène, et soins disponibles. Les déchets s’y accumulent souvent, favorisant la circulation d’infections et de maladies.
Privées d’accès aux soins médicaux, d’eau et de produits d’hygiène les femmes victimes de violences sont très affaiblies et d’autant plus vulnérables aux épidémies telles qu’Ebola.
Face à l’urgence humanitaire, CARE est mobilisé pour favoriser un accès à la nourriture, à l’eau potable, à l’hygiène et aux soins de santé. Vous pouvez agir pour nous aider à améliorer les conditions de vies des personnes déplacées.
La situation insoutenable des centres de soins congolais
Pris en étaux entre les malades, un afflux croissant de personnes blessées dû au conflit, la fuite d’une partie du personnel soignant et une diminution drastique des financements humanitaires, le système de santé peine à remplir sa mission de soins, particulièrement dans les régions du Nord et Sud-Kivu. 85% des centres de soins connaissent des ruptures de stocks de médicaments, 40% ont subi une fuite du personnel soignant (4).
1,5 million de personnes
ont perdu l’accès aux premiers soins en raison de la baisse des financements humanitaires (5)
La destruction de routes et l’insécurité rend d’autant plus difficile l’accès aux hôpitaux, pour les blessés et les malades, mais également pour les travailleurs et travailleuses humanitaires.
Soutenir l’aide humanitaire pour protéger les femmes
Après une nette baisse des financements humanitaires à la RDC en 2025, le G7 réuni à Evian au mois de juin a annoncé un engagement financier de près de 2 milliards de dollars pour la détection, la lutte contre la propagation de l’épidémie dans les pays frontaliers et l’envoi de matériel médical.
A l’heure actuelle, les actions de CARE bénéficient à environ 220 000 personnes dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Un financement adéquat permettra d’étendre cette intervention à 1 million de personnes grâce à la distribution de kits d’hygiène à 20 000 foyers, au renforcement des efforts de communication, à des actions de mobilisation communautaire visant à mieux faire connaître les signes avant-coureurs du virus, ainsi qu’à un soutien accru aux structures de santé locales.
220 000 personnes
bénéficient des actions de CARE dans les régions touchées par l’épidémie.
Sources : (1) Biology insight, 2025 ; (2) Données satellitaires du réseau Mapbiomas compilées avec des universités, ONG et entreprises de la tech, septembre 2025.
QUE FAIT CARE EN RDC
Face à l’urgence, CARE est pleinement mobilisé en RDC au côté des populations civiles. Pour lutter contre l’épidémie EBOLA, nous avons plusieurs actions, déjà mises en place lors des précédentes épidémies dans le pays :
- Former les professionnels de santé et les membres des communautés pour améliorer la détection des cas.
- Fournir aux centres de santé des kits de prévention et de contrôle des infections aux dispensaires et aux hôpitaux afin qu’ils disposent du matériel nécessaire pour prévenir et traiter Ebola.
- Diffuser des informations fiables via des affiches et des tracts sur la prévention d’Ebola dans 8 zones sanitaires pour améliorer la prévention et lutter contre la désinformation.
Pendant qu’Ebola frappe la RDC, la crise humanitaire se poursuit. C’est pourquoi CARE poursuit son action afin d’apporter biens de première nécessité et soins à tous et toutes : distribution de nourriture, programmes d’accès à l’eau potable et à l’hygiène.
Sur place, nos équipes mènent également des campagnes de sensibilisation pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles dont sont victimes les femmes, en recrudescence depuis la reprise des affrontements à l’Est du pays.
En France, 200 000 personnes s’engagent à nos côtés pour un monde plus juste. Rejoignez la communauté #WeCARE ! Ensemble, ça change tout !