Je fais un don

Newsletter

Roumanie. Donner le choix aux femmes grâce au planning familial itinérant

En Roumanie, nombreuses sont les femmes qui n’ont
pas accès à des soins de santé maternelle et reproductive. Pour y remédier, CARE
et son partenaire SERA mettent en place des services de planning familial
itinérant. L’une de ces équipes nous explique comment des centaines de femmes
ont désormais la possibilité de choisir leur sexualité et leur avenir. 

Anca, infirmière, et Andrea, assistante sociale, forment l’une des
équipes de planning familial itinérant initiées par CARE et SERA dans le département
de Bacau. En compagnie de Cécile Tissot, qui coordonne ce programme, elles nous
expliquent les enjeux de leur travail.  

Quelles sont les difficultés
auxquelles sont confrontées les femmes que vous accompagnez ?

Le manque de suivi gynécologique et, plus largement, d’accès à des
soins médicaux est un vrai problème.
Sur 149 femmes enceintes rencontrées au
cours des dernières semaines, 66 % ne bénéficiaient d’aucun suivi
prénatal. Un grand nombre de complications ainsi que de décès maternels et
infantiles pourraient être évités grâce à un meilleur accès à des soins de
santé. 

Quels sont les autres conséquences
de ce manque d’accès aux soins pour les femmes ?

56 % des femmes que nous avons récemment rencontrées n’avaient pas
désiré leur grossesse. Parce qu’elles n’ont pas accès à des moyens de
contraception, elles sont privées du droit à disposer de leur corps. Trop de femmes
vivent leur sexualité dans la peur d’une grossesse non prévue, de maternités ou
d’avortements rapprochés, au péril de leur santé.
Toutes les femmes devraient
avoir la liberté de choisir si et quand elles veulent devenir mères. 

Vous sensibilisez également de
très jeunes filles…

Oui, car en 2015, 380 jeunes filles sont devenues mères dans notre
département. Or, certaines de ces adolescentes, en situation de pauvreté et
d’isolement, ont ensuite abandonné leur enfant, faute de ressources pour
l’élever.
Pour éviter ce traumatisme pour la mère et l’enfant, nous faisons
beaucoup de sensibilisation auprès des jeunes de 13 à 18 ans. 

Dans les écoles,
nous abordons de nombreux sujets : la puberté, la grossesse et les maladies
sexuellement transmissibles (MST).
Garçons et filles peuvent nous poser des
questions, notamment par écrit pour celles et ceux qui veulent s’exprimer de
manière anonyme. La sexualité reste un sujet très tabou. 

Comment ce service de planning
familial s’inscrit-il au niveau local ?

Nous devons absolument collaborer avec les médecins et services de
santé locaux, car nous n’effectuons que des consultations de base.
Il est ensuite
nécessaire que ces femmes soient suivies par des médecins spécialistes. 

Nous travaillons aussi avec les autorités nationales et locales car,
après la période de mise en place soutenue par CARE et SERA, les équipes seront
gérées et financées par les services sociaux locaux.
C’est une manière d’en assurer
la pérennité. 

Comment incluez-vous les hommes
dans ces décisions liées au planning familial ?

Les hommes sont inclus dans notre approche. En général, ils sont assez
ouverts, mais certains sont réticents à laisser des professionnels entrer
dans leur intimité. Le travail avec les mairies et les autorités religieuses est
essentiel pour lutter contre des attitudes parfois sexistes et patriarcales.
La
semaine dernière, un homme a refusé de nous faire entrer chez lui. La mairie a
alors contacté le couple et nous avons pu y retourner et discuter.

Parfois, des femmes optent pour une mesure de contraception sans
l’accord de leur conjoint. Nous les accompagnons dans leur choix. Notre travail
est de permettre aux femmes de prendre conscience de leurs droits sexuels et
reproductifs, notamment concernant la maîtrise de leur fécondité. 

RESTEZ
INFORMÉ.E

Décryptage de l’actualité, portraits inspirants : recevez notre newsletter mensuelle !