Contexte
Une crise humanitaire de grande ampleur
« Mon mari a disparu, mon frère a été tué, et notre village a brûlé. J’ai fui avec mes enfants, on a marché sept jours pour rejoindre un camp de personnes déplacées. Je ne dormais plus, je n’avais plus de force. » Nora, 30 ans, mère de 6 enfants et commerçante soutenue par CARE dans sa reconstruction psychologique et la création d’une source de revenus au Cameroun.
Le bassin du Lac Tchad en centre de plusieurs pays était autrefois pôle économique majeur (pêche, agriculture, élevage). La région est aujourd’hui fragilisée par les crises sécuritaires et écologiques. Les violences de Boko Haram, les déplacements massifs de population et la raréfaction des ressources naturelles menacent la stabilité de la région.
Résultat ? Dans les pays du Sahel et du bassin du lac Tchad (Nigéria, Niger, Tchad, Cameroun, Burkina Faso et Mali), les Nations Unies estiment que 33 millions de personnes ont actuellement besoin d’aide humanitaire et de protection – dont 11 millions de personnes déplacées et de réfugiés, alertait l’ONU en 2024.
Le renouvellement d’un projet à fort impact
Ce projet s’appuie sur les réussites de la première phase (2018-2022). “Ce projet est très complet,” Amadou Mamane Issakou, ingénieur agronome de 38 ans avec 12 ans d’expérience dans le secteur humanitaire, et aujourd’hui coordinateur national de RESILACII au Tchad. “Les forces de ce projet sont multiples : une réponse plus holistique et durable face aux défis complexes de la région, sa flexibilité pour adapter nos actions aux besoins changeants des communautés. Voir les effets et impacts positifs sur les visages souriants des participants au programme est une source de grande satisfaction et de motivation.”
Objectif du projet RESILAC II
Contribuer à créer un environnement favorable à la reprise économique, la résilience et la cohésion sociale dans les territoires les plus impactés par la crise du Lac Tchad et le changement climatique
Activités
L’association CARE et ses partenaires ont mis leurs expériences en commun et agissent à plusieurs niveaux :
1. Renforcer l’accès aux services de base et inclusion sociale
- Soutien à la santé, à l’éducation et à l’eau.
- Filets de sécurité sociale pour les ménages vulnérables.
- Prise en charge psychosociale des personnes affectées par les violences.
Pourquoi c’est essentiel ?
- Dans un contexte de crise prolongée, les populations du bassin du Lac Tchad ont souvent tout perdu : leurs maisons, leurs terres, leurs repères. Assurer l’accès à l’eau, à la santé, à l’éducation et à un accompagnement psychosocial est essentiel pour restaurer la dignité, la stabilité et la confiance des familles. Ces services de base sont la première étape pour reconstruire des vies et sortir durablement de la précarité.
2. Soutenir une gouvernance territoriale pour une meilleure cohésion sociale
- Renforcement de la coordination régionale via la Commission du bassin du Lac Tchad.
- Promotion d’une gestion concertée des territoires.
- Soutien aux organisations communautaires et à la société civile.
Pourquoi c’est essentiel ?
- Les conflits autour des ressources naturelles sont au cœur de l’instabilité dans la région. Renforcer la gouvernance locale et impliquer les communautés dans les décisions qui les concernent, c’est prévenir les tensions, restaurer le dialogue et consolider la paix. Une gestion concertée du territoire permet de mieux protéger les ressources, tout en redonnant aux populations les moyens de se projeter ensemble vers l’avenir.
3. Soutenir la relance économique et l’adaptation au changement climatique
- Création d’emplois locaux et formation professionnelle.
- Appui à l’agriculture, l’élevage et la pêche durable.
- Promotion du commerce transfrontalier et des filières porteuses.
Pourquoi c’est essentiel ?
- La crise économique et environnementale fragilise des millions de personnes dépendantes de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche. Soutenir la création d’emplois, la diversification des revenus et l’adaptation des pratiques au changement climatique, c’est redonner un avenir aux jeunes, renforcer l’autonomie des femmes et construire une économie locale résiliente.
RESILAC II
Fin : décembre 2028
118 000 personnes
Bassin du Lac Tchad – Cameroun, Nigéria, Tchad
Développement économique et climat
URD, ACF
12 568 767 €
Union européenne, Agence française de développement (AFD)
La valeur ajoutée CARE
80 ans d’expertise professionnelle garantissent notre efficacité.
CARE met en œuvre une approche nexus humanitaire–développement–paix, adaptée aux contextes de crise prolongée : cherche à mieux articuler les réponses d’urgence, les actions de développement et les efforts de consolidation de la paix. L’objectif est de sortir des logiques d’intervention séparées pour agir de manière cohérente et durable dans les contextes de crise. Les résultats obtenus lors de la première phase démontrent l’efficacité d’une approche multi-pays et participative, ancrée dans les besoins réels des populations.
Ensemble, ça change tout.
En coordonnant ce projet avec d’ONG reconnues comme Action contre la faim et l’URD, CARE met son expertise au service d’un projet d’envergure. Nous avons le soutien financier de l’Union européenne et de la France. Près de 70 000 donatrices et donateurs français nous soutiennent également chaque année pour bâtir un monde plus juste et solidaire. #WeCARE