Contexte
Des droits encore trop difficiles à exercer pour les femmes et les filles
En Afrique francophone, les femmes et les filles heurtent encore à des lois et des pratiques qui les discriminent, freinant l’exercice de leurs droits les plus fondamentaux. Elles n’ont pas la possibilité de participer pleinement à la vie économique, sociale et politique. Ces inégalités sont causées par des normes sociales persistantes, un accès inégal aux ressources et une représentation encore insuffisante dans les espaces de décision.
Des femmes encore sous-représentées dans les espaces de pouvoir
Au Bénin, à Madagascar et en Côte d’Ivoire, des progrès ont été réalisés pour favoriser la représentation politique des femmes, notamment grâce à l’introduction de mesures de quotas ou de sièges réservés. Pourtant, les femmes restent minoritaires dans les parlements nationaux.
En 2026, elles représentent 25,7 % des parlementaires au Bénin, 16 % à Madagascar et 14,9 % en Côte d’Ivoire. Au Bénin, par exemple, 24 des 109 sièges de l’Assemblée nationale sont réservés aux femmes, mais leur représentation reste inférieure à la moitié de la population.
Sources : Union interparlementaire
Et lorsque les femmes sont absentes des lieux où se décident les politiques publiques, leurs besoins et leurs priorités risquent de rester insuffisamment pris en compte. Renforcer leur leadership permet de faire entendre leur voix dans les décisions qui concernent directement leur vie et celle de leurs communautés.
Des violences et discriminations qui persistent
Les violences basées sur le genre restent une réalité majeure. Au Bénin, 14,6 % des femmes de 15 à 49 ans ayant déjà été en couple déclaraient avoir subi des violences physiques et/ou sexuelles de la part d’un partenaire au cours des 12 derniers mois selon les données disponibles. En Côte d’Ivoire, cette proportion atteignait 16,4 %.
Les mariages précoces restent également un enjeu important : 27,5 % des femmes de 20 à 24 ans au Bénin, 38,8 % à Madagascar et 25,8 % en Côte d’Ivoire étaient mariées ou en union avant l’âge de 18 ans.
Source : ONU Femmes
Ces violences et discriminations violent les droits des femmes et limitent leur autonomie.
Une société civile essentielle mais encore trop peu soutenue
Les organisations de la société civile jouent un rôle clé pour faire progresser les droits des femmes et des filles. Mais sans cadre juridique clair, ni soutien technique et financier suffisant, elles peinent à agir pleinement et sont parfois même mal perçues, alors qu’elles sont pourtant des actrices essentielles du changement.
Le projet s’appuie donc sur ces organisations et sur les réseaux communautaires existants pour renforcer leur capacité à agir, à se structurer et à influencer les politiques publiques.
Objectif du projet Voix Collective des Femmes et des Filles II
- Renforcer les droits des femmes et des filles et promouvoir l’égalité des genres dans les pays francophones en soutenant les organisations qui les défendent.
Activités
L’association CARE et ses partenaires ont mis leurs expériences en commun et agissent à plusieurs niveaux :
1. Renforcer les organisations communautaires et le leadership des femmes et des jeunes filles
- Renforcement des capacités des membres des réseaux d’Associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC) sur l’égalité de genre et le leadership féminin.
- Mise en œuvre d’initiatives de sensibilisation au sein des communautés pour faire évoluer les normes sociales et promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes.
- Formation des jeunes filles à l’égalité de genre et au leadership à travers l’approche « Jeunes Filles Leaders ».
- Développement et pérennisation de réseaux de femmes capables de porter collectivement leurs revendications.
- Renforcement des organisations féminines et de jeunes grâce à un laboratoire d’action collective et d’apprentissage.
Pourquoi c’est essentiel ?
- Les femmes et les filles disposent souvent de moins d’opportunités pour accéder à l’information, aux ressources et aux espaces de décision. En développant leurs compétences et leur capacité à s’organiser collectivement, elles deviennent des actrices du changement, capables de défendre leurs droits et ceux de leur communauté.
2. Faire entendre la voix des femmes dans les décisions et les politiques publiques
- Création d’espaces de dialogue entre les groupes de femmes et de filles et les décideurs locaux.
- Renforcement du leadership politique des femmes au Bénin pour favoriser leur participation effective aux instances de décision.
- Accompagnement des organisations féminines dans la formulation et le portage de leurs revendications.
- Mise en œuvre de campagnes de plaidoyer sur les droits des femmes et des filles et l’égalité de genre.
- Contribution à des actions de plaidoyer aux niveaux national, régional et international. Des actions seront aussi mises en place dans neuf autres pays africains francophones : Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Guinée, Niger, République Démocratique du Congo, Sénégal, Tchad, Togo.
Pourquoi c’est essentiel ?
- Les lois et politiques publiques peuvent faire progresser les droits des femmes, mais leur efficacité dépend aussi de la capacité des citoyennes et des organisations féministes à participer à leur élaboration et à demander leur application. Créer des espaces de dialogue et renforcer le plaidoyer permet de transformer les revendications des femmes en changements concrets dans les politiques publiques.
3. Renforcer une société civile féminine capable d’agir dans la durée
- Identification des besoins et renforcement des capacités des organisations de femmes et de jeunes.
- Développement de réseaux et d’alliances entre organisations engagées pour les droits des femmes.
- Mise en commun des expériences et des bonnes pratiques au sein du laboratoire d’action collective et d’apprentissage.
- Renforcement de la capacité des organisations à participer aux actions de plaidoyer aux niveaux national, régional et international.
- Création de passerelles entre les dynamiques locales, nationales et régionales dans les neuf pays francophones concernés.
Pourquoi c’est essentiel ?
- Les changements durables ne peuvent pas reposer uniquement sur un projet ou une organisation. En renforçant les associations féminines et leurs réseaux, le projet contribue à ancrer les acquis dans les territoires et à donner aux organisations les moyens de poursuivre leur action au-delà de la durée du projet.
La Voix Collective des Femmes et des Filles
Fin : décembre 2028
48 261 bénéficiaires directs et 254 339 bénéficiaires indirects.
Madagascar, Benin, Côte d’Ivoire, France dont neuf pays africains francophones (Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Guinée, Niger, République Démocratique du Congo, Sénégal, Tchad, Togo)
Défense des droits de femmes
Bénin : Femmes Actrices de Développement Communautaire (FADeC-ONG) et Union des Femmes Conseillères Communales des départements de l’Alibori, de l’Atacora, du Borgou, des Collines et de la Donga (UFeC/2ABCD). Côte d’Ivoire : Coordination des Promoteurs de Groupe de la Région des Lagunes (CPGRL) et Organisation des Femmes Actives de Côte d’Ivoire (OFACI). Madagascar : Association Socio Sanitaire Organisation Secours (ASOS) et Fédération pour la Promotion de la Femme et de l’Enfant (FPFE).
2 500 000 €
Agence Française Développement
La valeur ajoutée de CARE : un changement durable
Forte de plus de 80 ans d’expertise, CARE agit sur les causes profondes des inégalités et de la pauvreté pour des changements durables dans les communautés comme dans les politiques publiques.
En France, des milliers de personnes s’engagent aux côtés de CARE pour construire un monde plus juste et solidaire. Rejoignez le mouvement ! #WeCARE