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Afghanistan : soigner les femmes et les enfants malgré les restrictions et l’effondrement du système de santé 

422 centres de santé ont fermé en Afghanistan l’année dernière. Et ce, alors même que les besoins augmentent faimmortalité maternelle... Dans un contexte politique extrêmement difficile et de restrictions imposées aux femmes, des millions d’enfants et de mères se retrouvent privés de soins essentiels. Les équipes de l’ONG CARE continuent de soutenir hôpitaux et cliniques. Voici l’histoire du bébé de Zahra et d’Aisha, jeune mère. 

Un bébé de six mois déjà en danger de mort

À seulement six mois, le bébé de Zahra* luttait déjà pour sa survie. Lorsqu’elle arrive à l’hôpital régional de Ghazni, son enfant souffre de fièvre, de vomissements, de diarrhées et de fortes douleurs abdominales. Son état est critique. Comme souvent chez les jeunes enfants, la maladie et la malnutrition s’alimentent mutuellement : un enfant affaibli par le manque de nourriture résiste moins aux infections, tandis qu’une maladie réduit sa capacité à s’alimenter correctement. 

Pendant quatre jours, l’enfant de Zahra est pris en charge dans l’Unité Thérapeutique de Nutrition soutenue par CARE, un service spécialisé dans le traitement des enfants atteints de malnutrition aiguë sévère. Aujourd’hui, la jeune mère ose enfin sourire.

« Mon bébé va beaucoup mieux. »
nous confie-t-elle.

Dans cette unité, une cinquantaine d’enfants sont accueillis chaque jour, parfois après avoir parcouru plus de 100 kilomètres depuis des villages isolés. Beaucoup arrivent dans un état critique. Les infirmières leur donnent du lait thérapeutique toutes les deux heures, surveillent les signes vitaux, traitent les infections et luttent contre la déshydratation. 

« Ce qui me rend heureuse, c’est lorsqu’un enfant est stabilisé ou guéri. »
raconte Fatima*, infirmière.

Des millions d'enfants frappés par la faim

Chaque enfant sauvé est une victoire. Car la faim devient rapidement une question de survie. La malnutrition affaiblit le système immunitaire et augmente fortement le risque de décès lié à des maladies pourtant évitables comme la diarrhée, la rougeole ou les infections respiratoires.  

Aujourd’hui, plus de 17 millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë en Afghanistan. Parmi elles, 3,7 millions d’enfants de moins de cinq ans devraient souffrir de malnutrition aiguë en 2026. 1,2 million de femmes enceintes ou allaitantes sont aussi menacées.  (1)

Une situation causée par la pauvreté, les sécheresses répétées alors que les services de santé sont déjà saturés.

L'effondrement du système de santé

Pour Fatima, les conséquences de la baisse des financements internationaux sont visibles chaque jour. Moins de 15 % des besoins humanitaires du pays sont actuellement couverts, laissant des millions de personnes sans accès à l’aide dont elles ont besoin. (2)

Fatima se souvient des deux mois durant lesquels l’unité nutritionnelle de Ghazni a dû fermer temporairement. Les familles continuaient pourtant d’arriver.

« Certains enfants sont morts parce qu’ils n’ont pas pu recevoir un traitement suffisamment rapidement. »
Fatima*

Depuis 2025, la réduction de l’aide humanitaire a entraîné la fermeture de plus de 422 centres de santé, privant environ 3,3 millions de personnes d’un accès aux soins essentiels. (3)

L’unique accès à des soins pour les femmes

Outre le manque de financement, d’autres défis se posent. 

À plusieurs centaines de kilomètres de là, dans une zone rurale de la province d’Herat, Amina* commence sa journée de travail. Sage-femme depuis onze ans, elle parcourt près de deux heures de route chaque matin pour rejoindre une clinique soutenue par CARE et son partenaire local OCCD. 

Autour du bâtiment, des femmes attendent avec leurs nourrissons. Certaines sont venues à pied. D’autres ont effectué le trajet à dos d’âne ou sur une moto empruntée à un voisin. Parmi elles, Aisha* assise au sol avec son bébé de moins d’un mois dans les bras, a fait deux heures de route pour atteindre la clinique.

« Nous sommes une communauté pauvre. Nous ne pouvons pas payer des médecins privés ou acheter des médicaments. Si cette clinique n’existait pas, nous n’aurions nulle part où aller. »
nous raconte Aisha.

Pour beaucoup de femmes, cette clinique représente aussi leur unique accès à des soins assurés par du personnel féminin.  

« Quand une mère et son enfant quittent la clinique bonne santé, je suis heureuse. La santé des mères et des enfants est ma priorité absolue. »
raconte Amina.

Dans l’Afghanistan d’aujourd’hui, le rôle des sage-femmes et infirmières est devenu plus essentiel que jamais. Dans de nombreuses régions, les femmes doivent désormais non seulement être accompagnées d’un mahram (un parent masculin) pour consulter mais l’accès aux médecins hommes est fortement restreint, voire découragé. 

Pour de nombreuses Afghanes, la présence d’une sage-femme ou d’une infirmière détermine tout simplement leur possibilité de consulter. 

Santé des femmes et des enfants en Afghanistan
© CARE

L’un des pays les plus dangereux au monde pour accoucher

L’Afghanistan est l’un des pays où donner la vie est le plus risqué : toutes les deux heures, une femme meurt encore de complications liées à la grossesse ou à l’accouchement. C’est l’un des taux de mortalité maternelle les plus élevés au monde. (4)

Et une question inquiète : fin 2024, les autorités talibanes ont interdit l’accès des femmes aux formations médicales.  Sans nouvelles générations de professionnelles qualifiées, qui soignera les femmes demain ? 

Le combat de CARE pour maintenir l’accès aux soins

Malgré les défis immenses, CARE poursuit son action aux côtés des communautés afghanes.  

C’est un engagement que nous avons depuis 50 ans en Afghanistan. Nous sommes l’un des plus grands réseaux humanitaires au monde de lutte contre les inégalités et défense droits des femmes. En 2025, nos programmes en Afghanistan ont soutenu 1,2 million de personnes dans le pays, dont près des deux tiers étaient des femmes et des filles. 

Pour nos équipes afghanes, qui vivent et travaillent dans un contexte d’insécurité et d’incertitude permanente, l’objectif est simple : maintenir ouvertes les portes de ces centres de santé où des milliers de femmes et d’enfants peuvent encore être soignés, accoucher en sécurité ou recevoir un traitement d’urgence. 

Dans les couloirs de l’hôpital de Ghazni, les mères continuent d’arriver avec leurs enfants malades. Dans la petite clinique d’Herat, Amina poursuit inlassablement son travail. Et chaque jour, grâce à l’engagement de ces soignantes et au soutien de la solidarité internationale, des vies sont sauvées. 

*Les prénoms ont été modifiés pour protéger l’identité des personnes. 

Sources : (1) IPC, mai 2026 
; (2) OCHA, juin 2026
; (3) source : OMS, 2025 ; (4) OCHA, décembre 2025
 L’association de solidarité internationale CARE soutient l’accès à la santé maternelle et infantile au Népal

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Le manque d’accès aux soins de santé tue des millions de personnes dans le monde chaque année. CARE se bat contre les inégalités et soutient un accès à des services médicaux pour tous et toutes.
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